En 2005, je la retrouve en vente chez un hollandais pour 180 000 euros mais en ayant aucun détail.
Après 3 années de galère, je retrouve enfin son histoire a l'occasion de sa mise aux enchères à rétromobile.
Je vous laisse lire l'article ci dessous et en espérant que quelqu'un me trouve les photos alors qu'elle était tunisienne.
1951 Bugatti Type 101 Coach
Chassis no. 101 502
Carrosserie Guillore de Courbevoie
Couleur : Bleu nuit, intérieur marron fonce
Cylindrée : 8 cylindres, 3,257 litres
Boite de vitesses : 4 rapports plus marche arrière
Puissance : 135 chevaux
Fabrication : 1951-1956
Production : 7 exemplaires
En septembre 1949, l'usine Bugatti décide de fabriquer une série de 16 exemplaires supplémentaires de la Type 57/57C d'avant guerre, mais bien entendu, seules trois voitures vont pouvoir être construites.
La société s'est spécialisée un temps dans la sous-traitance en ingénierie, puis Roland Bugatti tentera de relancer la marque en utilisant un chassis amélioré de la Type 57 comme base de la nouvelle Type 101. La Type 57 qui est la plus cotée de toutes les Bugatti routières, est apparue en 1934, il est donc évident qu'en 1951, elle est un peu dépassée. Les améliorations comportent le montage d'un carburateur Weber, qui remplace l'obsolète Stromberg d'avant guerre, l'adoption de la boîte de vitesses électrique Cotal, le passage aux roues de 17 au lieu des roues de 18 montées auparavant. De nombreux composants, qui étaient encore en stock, sont utilisés pour la construction de la 101 .
Comme sur la Type 57, deux versions sont proposées, les Type 101 et 101 C, cette dernière étant équipée d'un compresseur. Mais entre temps, Bugatti s'intéresse à d'autres activités indutstrielles qui prennent le pas sur le projet de faire revivre une voiture routière et, entre 1951 et 1956, on ne construira qu'un seul exemplaire de la Type 101. Cette voiture devient ainsi l'une des plus célèbres et les plus rares de la marque.
Au total, sept voitures seront construites sur les chassis allant du numéro 101 500 au 10156, avec peut-être un chassis manquant, le numéro 101 505. Le prototype, chassis numéroté 101 500, est une berline fabriquée à l'usine, dont la carrosserie à quatre portes est de style moderne d'après guerre, très large, tandis que le chassis 101 502, la voiture que nous vous proposons, est un Coach, une berline deux portes carrossé par Guilloré de Courbevoie.
Si l'on en croit le livre de Barrie Price, édité en 1957, intitulé Album Bugatti, la carrosserie est supposée avoir été conçue pour une Delahaye. Deux autres exemplaires, un Cabriolet et un Coach, carrossés par Gangloff de Colmar, seront exposés au Salon de l'Auto de Paris, qui se tient du 4 au 14 octobre 1951. La première de ces deux voitures reçoit le numéro de chassis 101 501 et la deuxième (il s'agit peut-être du chassis manquant 101 505) se voit attribuer, pour une raison incompréhensible, un numéro qui remonte aux cotations des Type 57, le chassis 57454, correspondant à une Type 57 de 1936.
Parmi les trois exemplaires restants, on trouve le chassis numéro 101 503, un autre Cabriolet carrossé chez Gangloff, plus réussi ; le 101 504 est un deux places Coupé à toit fixe carrossé par Van Antem en 1955 ; enfin le 101 506 s'est vu gratifier par Ghia, de Turin, d'une carrosserie découverte deux places futuriste.
Les sept véhicules ont tous survécu jusqu'à nos jours, trois sont exposés au Musée de Mulhouse, et ils sont tous, à l'exception du numéro 101 502, répertoriés dans l'édition 1962 du Bugatti Register de Hugh Conway.
Un certain Rodolfo Brignone sera propriétaire, à Tunis, de la voiture 101 502 à partir de 1956. En 1964, il vend la voiture à un négociant spécialisé dans les Bugatti habitant Bruxelles, Jean Dobbeleer, qui la revendra à Georges Marquet Delina, héritier d'une chaîne d'hôtels situés à Bruxelles (les Grands Hotels Belges SA) et à Madrid. Delina, propriétaire du Palace Hotel et du Ritz à Madrid, est un collectionneur acharné de Bugatti ; il en achètera 28 à Dobbeleer, qu'il garde dans différents lieux autour de Bruxelles. Uun revers de fortune le contraint à disperser sa collection dans les années 70 et la 101 502 est vendue aux enchères, chez Christie's, le 22 mars 1973 (Lot 34) au collectionneur bien connu Michel Roquet de Founex, en Suisse. Roquet met la voiture en vente en mai 1975, elle est achetée par Pim Hascher, qui la garde jusqu'à sa mort en 2007.
Pim Hascher a fait restaurer la Type 101 en 2005 par Gerrit et Peter Brand, avant de la présenter au concours d'élégance du Paleis Het Loo en septembre de la même année. La voiture avait auparavant fait l'objet d'un descriptif dans Autopassion en 1990 (No 32,1). De façon étonnante, la photo de la 101 502 n'a jamais été publiée dans Bugantics , le journal trimestriel du club des propriétaires de Bugatti. Des photos d'archives de la période tunisienne de la voiture, entre 1950 et 1960, la montrent en trés bon état, chaussée de pneus à flanc blanc. Ces photos se trouvent dans le dossier qui accompagne la voiture et font donc partie de la vente.


